Comment va le français ? Michaëlle Jean vous répond

Africains | Publié le 27 novembre 2016 à 19h24
Il y a 273 millions de francophones dans le monde. Un chiffre en nette augmentation, grâce au dynamisme démographique de l’Afrique. C’est d’ailleurs là où se déroule le seizième sommet de la Francophonie. Avec moult défis qu’évoque Michaëlle Jean sur les ondes de RFI.

A 59 ans, la Canadienne Michaëlle Jean est un peu une pionnière… Depuis la création de la Francophonie, elle est la première femme, la première non-Africaine à diriger le secrétariat général de cette organisation qui tient son seizième sommet à Madagascar. Un pays où il y a un défi à relever sur le plan de l’enseignement.

Car il n’est pas rare d’y rencontrer des enseignants qui enseignent le français mais ne savent pas le parler. « Il ne suffit pas d’envoyer les enfants à l’école : il faut qu’ils y trouvent un enseignement de qualité. D’où la formation des enseignants », argue Michaëlle Jean sur les ondes de Radio France internationale. Au Québec, ce n’est pas le problème de la formation qui est soulevé. Plutôt l’utilisation de la langue de Molière jusqu’au doctorat : « Je ne comprends pas pourquoi l’enseignement de certaines disciplines scientifiques doit uniquement se faire en anglais. Tout comme les publications. C’est un leurre ! Il y a quand même possibilité de faire des traductions », s’insurge Mme Jean.

« Soutenir l’entrepreneuriat »

S'agissant de la politique, l’opinion africaine a du mal à saisir le rôle que joue la Francophonie pendant les scrutins : « Nous intervenons bien avant la tenue des élections. Avec la société civile, les journalistes. Nous rassemblons la classe politique. Je l’ai fait personnellement avant les élections au Gabon, en Guinée. L’important est de s’assurer que les choses puissent se passer dans un climat apaisé », indique la secrétaire générale. Avec ce double objectif : « permettre le renforcement des institutions démocratiques et apporter une assistance technique. »

L’économie n’est pas en reste. Le thème de cette rencontre d'Antananarivo s’appelle « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l'espace francophone ». Là « Il faut donner de l’espoir. » « Soutenir l’entrepreneuriat, la création d’entreprise. En priorisant des actions économiques menées par les femmes et les jeunes. »

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