Souras : « On ne peut pas ignorer les migrants »

Africains | Publié le 13 novembre 2016 à 10h42
Achilleas Souras est né à Londres, de père gréco-britannique et de mère italo-autrichienne. Il a vécu à New York et à Londres. Actuellement, il réside à Barcelone, en Espagne. Et fréquente l’American school. Avec ses 16 printemps, cet adolescent, animé de plusieurs passions dont l’architecture, est atypique. Il est l’initiateur d’un projet sympathique et humaniste, SOS Save Our Souls (sauve notre âme), qui vise à récupérer les gilets de sauvetage (comme l’avait fait l’artiste chinois Ai Weiwei) afin d’en faire des tentes thermiques igloos, des lieux de refuge temporaires pour les migrants. Rappelons que ces derniers temps 450.000 gilets de sauvetage ont été abandonnés sur l’île de Lesbos. Entretien.

Pourquoi est-il important aujourd'hui de s’intéresser à la question des migrants ?

- Personnellement, j’ai eu l’opportunité de vivre dans plusieurs pays comme la Grande Bretagne, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Espagne et la Grèce, cela m’a permis d’être en contact avec différents milieux culturels. La diversité est pour moi un fait naturel. Le contact avec des cultures diverses m’a plutôt enrichi. Pour cela, je suis convaincu qu’on ne peut pas ignorer la question migratoire, qui ne doit pas être comme un problème, mais, au contraire, une opportunité de promouvoir la diversité et les échanges interculturels. De plus, on ne peut pas oublier les causes historiques qui ont entraîné les flux migratoires  dans le monde. La migration est un phénomène naturel qui a toujours fait partie de notre monde et de notre existence. Notre monde, aujourd’hui mondialisé, est le résultat de la libre circulation des personnes, des informations et des idées… A l’image de la nature qui ne peut pas être réfractaire à ces changements, les animaux eux aussi migrent pour assurer la survie et la perpétuation de leur espèce. La carte du monde telle qu’on la connaît est la résultante d’un mouvement continu ; et la migration est une composante de notre histoire.

« Ligne politique commune » 

Crois-tu que les gouvernements européens ont fait le nécessaire pour aider ces migrants ?

-  Je crois qu’ils ont essayé en cherchant un point de convergence sur la question. Il faut considérer que chaque pays européen est autonome, et a une vision spécifique concernant la migration. Probablement, il sera nécessaire d’avoir une ligne politique commune au sein de l’Union européenne en obligeant tous les pays à la respecter. Plutôt que de laisser chaque pays avoir ses propres critères, en sachant que les gouvernements peuvent changer suite à des élections. Les droits humains par exemple sont clairement définis dans l’Union européenne et respectés comme tels par tous les pays membres. Et les droits des réfugiés doivent également s’inscrire dans cette perception des choses.

Que pensent ta famille, tes proches du projet  SOS save our souls ? Te soutiennent-ils ?

- Ma famille et mes amis m’ont beaucoup aidé. Ils sont heureux de constater qu’à travers mon projet sur les tentes igloos j’ai pu générer une meilleure conscientisation sur la question des réfugiés.

 « Exposer mes igloos à Paris »  

Après Barcelone, Londres, Etats-Unis, désires-tu organiser une exposition de tes œuvres ailleurs ?

- Je serais honoré d’exposer mes igloos à Paris. Surtout que j’ai suivi avec intérêt comment la France, Paris, plus précisément, a accueilli les réfugiés. Jusque maintenant mon travail a été favorablement accepté en Espagne, aux Etats-Unis et en Sud-Afrique. Mais je tiens vraiment à organiser une expo en terre parisienne, qui serait pour moi la concrétisation d’un rêve. Paris est une ville que j’aime beaucoup ! C’est aussi un endroit où l’on rencontre des jeunes, des personnes de différentes origines, qui peuvent être inspirées par mon initiative. Laquelle peut être aussi une occasion pour susciter plus d’échange, de dialogue autour de la question des migrants.

Quel est ton plus grand rêve ?

- J’aimerais que mes igloos voyagent dans plusieurs endroits du monde : l’Amérique du sud, la Nouvelle-Zélande, l’Extrême-Orient, l’Afrique du Nord et le Proche-Orient. J’espère que les gens de ma génération trouveront dans mon action des éléments catalyseurs susceptibles de répondre aux besoins concrets des personnes.

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