Kofi Annan, un serviteur du multilatéralisme

Africains | Publié le 21 août 2018 à 8h58
Agé de 80 ans et ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan vient de décéder. Il était un partisan de la résolution pacifique des conflits et du multilatéralisme.

Depuis samedi, jour de sa disparition, les hommages n'ont pas cessé d'affluer pour honorer la mémoire de Kofi Annan. Ce Ghanéen que le monde avait appris à connaître lors de ses mandats (de 1997 à 2007) à la tête de l'ONU.

Une tâche exaltante qu'il exerça avec brio, avec sagesse, avec un certain panache, alors même que le contexte international ne lui était guère favorable. C'était l'époque où les troupes américaines envahissaient l'Irak sans mandat onusien, par conséquent dans « l'illégalité », dira M. Annan. En prenant une telle position, le successeur de Boutros Boutros Ghali et prix Nobel de la paix 2001 voulait signifier aux Américains qu'il gardait toute son indépendance, malgré le soutien que ces derniers lui avaient apporté pour diriger l'Organisation des Nations Unies.

Une maison qu'il connaissait si bien, et dont il avait auparavant piloté les ressources humaines, les affaires budgétaires et les opérations de maintien de la paix.

Une ONU des valeurs 

Dans son règne onusien, Kofi Annan, formé à l'Institut de hautes études internationales de l'université de Genève et au Massachusetts Institute of Technology, devenu « une rock star de la diplomatie », avait oeuvré pour la paix, le multilatéralisme, « la légitimité et la nécessité d'intervenir en cas de violation flagrante des droits de l'homme. » Autrement dit, il était pour une ONU des valeurs qui éclaire, qui pacifie, qui protège, qui guide les consciences et les nations lorsque cela s'avère nécessaire.

Malheureusement, cette vision des choses s'est souvent heurtée à « La loi du plus fort, et non plus à la force de la loi », pour parler comme Kofi Annan. Qui, habité par une inébranlable clairvoyance, n'a jamais oublié les échecs de son Organisation lors du génocide rwandais ou pendant le massacre des musulmans à Srebrenica, en Bosnie.

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