Afrique du Sud : Ahmed Timol a été tué par l’apartheid

Africains | Publié le 30 octobre 2017 à 9h01
Jusque-là, beaucoup pensaient que Ahmed Timol, enseignant communiste et militant anti-apartheid, s'était lui-même suicidé. Non, répond la Haute Cour de Pretoria.

« Ahmed Timol n’a pas sauté mais a été poussé du bureau 1026 ou du toit » du commissariat. « Il ne s’est pas suicidé ». Ces mots sont ceux du juge Billy Mothle qui vient de mettre fin, en Afrique du Sud, à une énigme judiciaire de quarante-six ans. Jusque-là, beaucoup pensaient que cet enseignant communiste de 29 ans, militant anti-apartheid, s’était donné la mort en se défenestrant, comme le prétendait alors la police.

En effet, si l’acte en lui-même a eu lieu, ce n’est pas de sa propre initiative. C’est parce qu’il y a été contraint. On est ainsi passé du suicide au meurtre. Du moins selon la requalification qu’en fait la Haute Cour de Pretoria.

Pour affirmer cela, cette dernière s’est appuyée sur de nouveaux témoignages et preuves et a ordonné au parquet la poursuite de Joao Rodrigues, le dernier policier à avoir vu Ahmed Timol vivant. Une nouvelle enquête a donc commencé.

Ce qui représente un soulagement pour sa famille.

En compagnie du successeur de Nelson Mandela 

C’est au retour d’un voyage en Arabie saoudite, en Grande-Bretagne, en URSS (en compagnie de Thabo Mbeki, le successeur de Nelson Mandela) que cet ex-membre de l’ANC est arrêté le 22 octobre 1971 à un barrage et conduit à la John Vorster Square Police Station. Il y sera détenu, torturé avant d'être projeté vers le vide. Pour le simple prétexte qu'il avait diffusé dans toute l'Afrique du Sud des brochures du SACP et de l'ANC.

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