Liberia : les années Sirleaf

Africains | Publié le 26 octobre 2017 à 9h34
Ellen Johson Sirleaf, actuelle présidente du Liberia, a décidé de se retirer définitivement du jeu politique national. De confier les rênes à quelqu’un d’autre. Ce qui est tout à son honneur !

Le 7 novembre, si tout se passe bien, le Liberia organisera le second tour de sa présidentielle. Une date importante pour ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. Lequel, après ses années de terreur et d’abominations, semble prêt à ouvrir un nouveau chapitre. Une nouvelle ère qui se fera sans Ellen Johson Sirleaf. L’actuelle présidente a décidé, à 78 ans, de se retirer définitivement du jeu politique national. De confier les rênes de la nation à quelqu’un d’autre après deux mandats. Ce qui est tout à son honneur !

Mais que dire des années Sirleaf (débutées le 8 novembre 2005) ? A coup sûr, elles ont été marquées par une volonté viscérale de faire la paix. Tant bien que mal. Car nombreux sont les criminels - notamment ceux de la tragique décennie 1990 - qui n’ont pas été inquiétés, pourchassés, encore moins punis par des tribunaux.

Afin d’éviter un nouveau chaos, les autorités étatiques ont préféré le laxisme à la justice. Seul Charles Taylor a eu droit à une sentence, mais pour des faits commis en Sierra-Leone. En 2009, la Commission vérité et réconciliation avait demandé qu’on sanctionne et bannisse une cinquantaine de personnes (dont Ellen Johson Sirleaf) de la vie politique : ses propositions sont restées lettres mortes.

Sur le plan sociétal, en mars 2012, le Liberia se dote des lois criminalisant l'homosexualité. Deux ans plus tard, Ellen Johson Sirleaf est interpellée sur le fait que les femmes n'ont toujours pas accès à la propriété foncière malgré des promesses tenues à cet égard.

Ebola avec ses 3000 morts

D’autre part, en matière d’éthique, Mme Sirleaf, économiste, ancienne étudiante d'Harvard et lauréate du prix Nobel de la paix, n’a pas été irréprochable. Grâce à son sceau et à son appui, deux de ses fils occupent à présent de hautes fonctions publiques. Cela s’appelle du népotisme, un autre sport national de ce pays. Que n’avait pas épargné en 2015 l’épidémie d’Ebola avec ses 3000 morts.

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