Karamba Diaby, réélu au Bundestag

Africains | Publié le 2 octobre 2017 à 9h18
Né il y a plus d’une cinquantaine d’années à Marssassoum dans le sud du Sénégal, Karamba Diaby est le premier noir à avoir siégé sur les bancs de la chambre des députés allemands.

Au lendemain des législatives, où elle s’est faiblement imposée, la CDU ne sait toujours pas avec quelle formation politique elle se coalisera pour diriger le gouvernement d’Allemagne. Les tractations se poursuivent. Le scénario le plus probable est que cela se fera soit avec les libéraux, soit avec les verts – les sociaux-démocrates (arrivés deuxièmes) ayant formellement décidé de ne faire partie d’aucune coalition gouvernementale. Comme cela avait été le cas il y a quatre ans.

Au Bundestag, ils seront donc dans l’opposition. Tout comme Karamba Diaby, une de leurs stars. Cet homme, né il y a plus d’une cinquantaine d’années à Marssassoum dans le sud du Sénégal, est le premier noir à avoir siégé sur les bancs de la chambre des députés allemands. Sous les couleurs de la ville de Halle. Comme il y a quatre ans, cette ville multiculturelle, près Leipzig, l’a de nouveau choisi pour en être son représentant dans le saint des saints de la démocratie – le Parlement.

Il est fort à parier qu’il sera à la hauteur de la confiance que les électeurs de sa circonscription ont daigné lui renouveler dans une Allemagne marquée par la percée de la droite nationaliste, qu’il continuera à prêcher une vision de la société faite de « solidarité » et d’« ouverture ».

Tout à rebours des populistes, des nazillons, eux qui n’ont cessé tout au long de la campagne précédant l’élection de lui décocher des flèches les plus immondes, en le traitant de « singe noir ». Heureusement, Karamba Diaby a su trouver la juste réplique : « A tous les racistes, je ne suis pas votre nègre ! », écrivait-il sur sa page FacebookAimé Césaire, lui, aurait répondu : « Le nègre vous emmerde ! »

Les « défis » du prochain exécutif allemand 

Comme l’a reconnu si justement Angela Merkel, la lutte contre le populisme sera l’un des « défis » du prochain exécutif allemand : il faudra trouver tant bien que mal des réponses aux interrogations, aux inquiétudes exprimées par certains citoyens qui, en dépit d’un contexte économique favorable, ont préféré donner leurs suffrages à l’Alternative pour l’Allemagne. Ce parti anti-Europe, ant-islam, anti-immigrants qui, avec 12,6 % des voix, devient de facto le troisième parti du pays.

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