François, ce pape qui est à la fois aimé et critiqué

Africains | Publié le 23 février 2017 à 10h14
S’il est un pape qui attire des foules innombrables, Jorge Mario Bergoglio est aussi un pontife qui fait l’objet de critiques notamment sur le plan doctrinal.

« Habemus papam ! » Il y a trois ans et quelques mois, retentissait, sur la loggia de la place saint Pierre de Rome, cette expression latine. Ce jour-là, les cardinaux, réunis en conclave, avaient élu, comme le 266e successeur de Pierre, Jorge Mario Bergoglio. Un évènement doublement historique, tant il s’agissait à la fois de l’élection du premier pape sud-américain mais aussi de la Compagnie de Jésus.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts… L’ancien cardinal de l'archidiocèse de Buenos Aires « venu du bout du monde » est donc devenu l’évêque de Rome. Le « pape des pauvres ». Celui dont le verbe attire des foules innombrables, proclame les périphéries existentielles et distille la miséricorde. On oserait même dire qu’il s’est tranquillement glissé dans son habit papal. Quoiqu’avec quelques inflexions vestimentaires et protocolaires. Comme le fait de ne pas habiter au Palais apostolique mais plutôt à la résidence Sainte-Marthe, ou de ne pas porter la mozette – ce qui horripile certains traditionalistes.

Coffre pour argent sale

Surtout il s’est attelé, comme l’avait souhaité le collège cardinalice, lors des congrégations d’avant scrutin papal, à la difficile et complexe réforme de la curie. Ainsi, plusieurs conseils pontificaux (Justice et Paix, Cor unum, Migrants, Santé, Laïcs, famille…) ont été fusionnés. Tout comme certains services de la communication. Un secrétariat ainsi qu’un Conseil pour l’économie ont vu le jour. Pour permettre au gouvernement de l’Eglise d’avoir des instruments efficaces pour la gestion de ses deniers. Il faut y ajouter la clôture de centaines de comptes suspects à l’Institut des œuvres de religion (ou la Banque du Vatican), autrefois coffre pour argent sale. Jusque-là tout va bien, pour le pape François.

Mais là où fusent des critiques, voire des acrimonies, à son encontre, c’est sur le plan doctrinal. Tout a commencé pendant les deux synodes sur la famille qu’il avait convoqués, et à l’issue desquels est parue une exhortation apostolique, Amoris Leatitia. Un texte que beaucoup ont trouvé confus, approximatif, libéral, trop favorable aux divorcés-remariés. D’où les fameux « Dubia » (doutes), rédigés par quatre cardinaux (dont Burke, proche des milieux conservateurs) qui demandaient au pape des éclaircissements précis, à l’aune de la Foi et de la Tradition multiséculaire de l’Eglise sur le mariage. Dernière chose en date : les rues de Rome ont vu surgir, il y a quelques jours, des affiches étrillant ouvertement les actions de Bergoglio. Et sa décision ayant entraîné le départ du Grand-Maître de l’Ordre de Malte. Des faux exemplaires de L’Osservatore Romano (le journal officiel du Saint-Siège) hostiles au souverain pontife ont aussi été distribués aux cardinaux.

Bref, on en a là un pape, certes aimé par une grande portion de ses ouailles et des hommes de bonne volonté, mais étrillé de l’intérieur. Ce qui n’est pas une première…

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